L’entrepreneur c’est bien connu, n’aime pas les réglementations. J’ai eu à vivre une jolie matinée lors des printanières du SYCFI (www.consultant-formateur-independant.org) à Cabourg le 19 mai dernier. Tous les organismes de formation (et encore plus les indépendants que la nouvelle loi prend directement dans son viseur), savent que l’heure est au Datadock et autre certification qualité. Alors que le séminaire SYCFI était consacré à l’intelligence collective et économique, on pouvait bien se demander ce que venait faire là ce thème technocratique à souhait…

 

Je ne vais pas vous faire un retour exhaustif des éclaircissements techniques que nous avons pu avoir (juste quelques indications au passage) pour vous inviter à un petit changement de posture (comme c’est souvent l’invitation que l’on fait à nos clients ou stagiaires, vous y êtes habitués, non ?).

 

Petite restitution technique d’abord :


L’avènement du Compte personnel de formation CPF va permettre à des personnes de solliciter des formations sans avoir forcément l’accord de leur patron, DRH ou Pôle Emploi. Pour assurer à chacun que les formations qu’ils sollicitent ne sont pas des attrapes-stagiaires financées à bon compte par la manne de la Formation professionnelle, le législateur a voulu obliger les OF (organismes de formation) à montrer patte blanche. Première étape donc, demander aux OF d’indiquer sur un outil en ligne (le fameux Datadock) les preuves du respect des règlements dans leur fonctionnement auprès des financeurs (OPCA) qui auront accès à cette base. De plus, les OF peuvent (c’est bien une démarche additionnelle) faire valoir une certification ou une qualification auprès d’un organisme dûment habilité (liste CNEFOP) pour prouver leur niveau de compétences d’une part et le cas échéant les processus qualité qu’ils suivent ou non.

 

Pour le Datadock la date limite est au 30 juin même si les bruits vont bon train pour dire que ce délai sera allongé.

 

Pour les procédures CNEFOP les demandes se font à tout moment indépendamment du Datadock (il est plus logique de les solliciter après puisqu’un certain nombre de critères sont repris dans ces démarches). Vous viserez une « certification professionnelle » si vous cherchez à vous référencer par rapport à un référentiel de connaissances public (type RNCP, CQP qui sont universitaire, ministère, paritaire, …), une « qualification professionnelle » si vous cherchez à affirmer votre adéquation à un métier ou une « certification qualité » si vous voulez prouver qu’en plus d’avoir de l’expérience métier vous suivez un code de très bonne conduite en Qualité.

 

ICPF-PSI et RP-CFI se présentaient ce matin-là, en pointant particulièrement pour le 2d (RP-CFI) son attachement à une reconnaissance entre pairs via une association attachée à l’engagement bénévole des jurys. Ceux-ci valident la conformité à un référentiel métier (le consultant-formateur) auquel s’ajoute l’aptitude à piloter son propre business.

 

ICPF-PSI valorise une démarche s’appuyant sur des auditeurs externes payés pour attester des conformités à un référentiel compétences (niveau intellectuel) + qualité suivant des normes publiques et accessibles à des salariés ou non.

 

Chacun rappela à l’occasion que la volonté de valoriser les exigences du métier de consultant-formateur datait d’il y a plus de 20 ans, et que le référentiel du consultant-formateur a déjà une longue pratique, comme quoi certaines professions n’attendent pas le législateur.

 

 

Là où la bonne fée fait son apparition, c’est quand se pose la première question : faut-il se faire assister ?

 

Si la question sous-entend que vous ne savez pas le faire, n’y comprenez rien voire qu’on vous a promis moyennant finance de vous sortir du pétrin, ce n’est pas une fée mais un mauvais génie. Il va vous faire croire que vous pouvez exercer durablement le métier sans le maîtriser. Un peu comme ces candidats à la création d’entreprise qui ne se forment pas au métier et à la posture de chef d’entreprise.

 

Si vous savez le faire parce que vous maîtrisez votre métier (et donc la qualité) mais que vous voulez gagner du temps, en profiter pour vous faire un peu secouer par un pro qui revisite votre pratique alors pourquoi pas vous faire accompagner.

 

Il y a un bonus, celui de la fée qui vous dit « vient donc en collectif travailler avec d’autres collègues ». Au sein d’un stage organisé par l’organisme ou d’autres collègues Consultants en mode spontané pour échanger questions, pratiques et solutions, là, oui, on voit combien un indépendant malin aborde une contrainte pour en faire une opportunité. En voilà comment l’intelligence économique (comprendre les enjeux de son environnement) rejoint l’intelligence collective (partager et construire à plusieurs). N’est-ce pas, en fait, la qualité du véritable entrepreneur ?

 

Une autre bonne fée peut aussi se cacher derrière cette réglementation.

 

Après tout, ce n’est qu’un contrôle (qu’on peut certes juger tatillon) qui va d’une part montrer que des indépendants n’ont rien à envier aux ténors qui nous brassent de leurs pubs à tour d’écran web. De plus le métier sera peut-être ainsi allégé des formateurs, qui n’ayant de compétences que celles de casser prix et qualité, font une concurrence peu loyale. Enfin, c’est l’occasion d’apprendre et de progresser dans sa pratique et ça chez les CFI on ne peut que s’en féliciter, non ???

 

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