Notre nouveau Président fait référence au risque qu’il a pris en démissionnant du gouvernement pour s’investir dans son projet.

 

Banquier d’affaire ? Ah non ! Patron de start-up ? Ah oui !

 

Étonnant de voir un candidat vantant les mérites du risque qu’il prend, dans un pays transi de peurs, accro aux statuts et aux avantages acquis. 

 

Une démarche entrepreneuriale dites-vous ?  Allez, osons (avec respect et sans polémique politique, promis)

 

85% des créateurs fondent leur création sur la certitude du bon statut d’entreprise et des aides qu’ils peuvent obtenir. Bien sûr, on pourrait attendre d’eux d’être focalisés « business model » mais bon, c’est comme ca.

Notre nouveau Président fit bien pareil. Son business model pas encore ficelé, il vise le CDD quasi indéboulonnable de 5 ans (Quoique renouvelable, il a jusqu’à présent beaucoup montré de sa fragilité). Il offre en tout cas une visibilité d’emploi qu’aucun entrepreneur du monde réel n’oserait espérer. 5 mois est plus souvent la norme.

Pour ce que sont les aides, dans la phase de pré-amorçage bien sûr, elles furent importantes pour faire marcher sa start-up. Les Business Angels furent nombreux à s’engager. Sans aucun doute le retour sur investissement (seul réel critère soyons franc) pouvait être fort.

C’est un vrai talent d’entrepreneur de savoir récolter des fonds alors que le business plan n’est même pas encore défini.  La Nation reconnaissante assurera le remboursement des frais de campagne, ce qui est bien rare pour les « créateurs de quotidien ».

Son business plan sera de toute façon financé soit par la réussite de sa stratégie (bravo), soit par le déficit sur les contribuables futurs, ce qui n’est pas la chance des créateurs.

 

La clarté de sa vision économique, élément fondamental requis pour tout entrepreneur, fut paraît il un peu confuse. La puissance de la communication fut telle qu’elle transforma ce « détail » en conviction du possible. C’est bien la responsabilité du créateur d’alimenter la pompe à cash qu’est toute entreprise naissante. Le crowdfunding (financement par la foule sur internet), fut en plus un bon complément. 

 

Convenons que la légitimité dans le métier était assurée par un bagage de compétences hors du commun, des parrainages de renom, ce qui n’est que très rarement le cas des créateurs français. Ils doivent en revanche développer une solide capacité d’apprentissage que la Foi nourrie d’écoute et d’humilité assurent et qu’une planification rigoureuse permet. Là, j’avoue manquer d’éléments sur cette phase bien personnelle dont la pharaonisation ne fut sûrement qu’un clin d’oeil malicieux à l’histoire.

 

La capacité à bien s’entourer, faire des choix de mentors, conseillers et autres collaborateurs est pour une part majeure dans toute réussite entrepreneuriale. D’évidence notre futur Président a montré cette capacité en phase amont qu’est la campagne.

Habituellement les investisseurs ne mettent pas un sou sans connaître l’équipe opérationnelle, mais là, c’est sûr, notre nouveau Président s’y attelle dit-on.

C’est en soi une belle différence avec les 70 % créateurs français qui foncent en solo convaincus par les attrapes mouches de la simplification administrative, d’un statut allégé ou d’une bénédiction comptable.

 

Alors, notre Président, un entrepreneur ?

Au coeur des ateliers que j’anime régulièrement sur les nouveaux défis humains et sociaux de l’entrepreneuriat, la découverte de la variété des modèles entrepreneuriaux étonne souvent.

De quel modèle entrepreneurial notre Président est donc-t-il fait ?

– le repreneur-redresseur d’entreprise en quasi faillite ?

– le créateur d’une nouvelle dynastie ?

– la start-up qui fera soit « down » ou celle revendue au casino financier de la bulle mondiale ?

– le créateur ambitieux d’ascension sociale et de pouvoir ?

– L’entrepreneur social et solidaire ?

 

Notre entrepreneur de Président va peut-être aussi nous étonner en inventant un nouveau modèle : « le tueur de concurrence pour gagner le monopole du coeur ». N’a-t-on pas déjà connu ça ?

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